Journées européennes du Patrimoine 2018

Le collectif, composé de la commune, des Amis de Pouldouran et de Skol ar C’hleuzioù, créé pour organiser les journées du patrimoine, a de nouveau proposé durant 2 jours un réel partage de savoir-faire, de culture et de patrimoine …

  

Les journées du Patrimoine ont débuté samedi dans la soirée par une prestation de qualité avec l’ensemble Altro, en l’église de Saint Bergat.

L’ensemble « Altro » était composé de Sidonie Euvremer, enseignante à l’EMCT de Lannion, à la flûte traversière baroque et de Nathalie Le Gaouyat à la viole de gambe, enseignante à La Ruche Artistique. Malgré un petit public, les deux musiciennes, ont donné un concert  » privé  » de très haute qualité faisant parcourir les auditeurs dans l’Europe des XVIIe et XVIIIe  siècles. Elles ont abordé des sonates de Jean-Sébastien Bach, de Jean-Marie Leclair et de François Couperin, ainsi que des airs de « Brunettes », chansons très célèbres en leur temps.  

Démonstration de barrières

Dimanche matin, Michel Le Hénaff, le responsable de la section barrières de Skol ar C’hleuzioù,  a présenté une démonstration de fabrication de barrières d’entrée de champ  » toul karr  » posées entre deux poteaux en pierre debout  » post menerez  » à la Maison des Talus.     

Plus d’une vingtaine de curieux et admiratifs du  » travail bien fait  » y ont assisté écoutant attentivement toute le montage de ces fameuses barrières que l’on peut admirer au bord d’une prairie, d’un chemin, … dans tout le Trégor. En châtaigner du Guindy, les barrières prennent des silhouettes différentes selon l’humeur des compagnons menuisiers, certaines en forme de flèche, jouant avec la forme d’un clocher, ou sous forme de vagues ou encore de formes tortueuses se mêlant à une végétation dense.  » Mais elles sont toujours positionnées sur des chemins de randonnée ou sur les circuits des routoirs  » précise Michel. Et toutes, avec des différents systèmes de fermeture : boulons, charnières et les fameuses pierres percées locales. Le passionné a ensuite entraîné le groupe à admirer celles déjà mises en place tout autour et même au cœur du bourg. Pendant son exposé, Michel Le hénaff a accueilli l’instigateur et féru de ferronnerie et de menuiserie, Paul Mordelet     qui a démarré cette activité il y a une vingtaine d’années.  » Cela demande avec les compagnons, beaucoup d’investissement, souvent nous sommes contraints de reconstruire les talus-murs  » rajoute Michel. En moyenne, deux barrières sont construites par an.

 

Dans l’après-midi, tandis qu’Anne, Odile et Eugène ouvraient les portes de l’église Saint Bergat dévoilant son baptistère du XIIIe s ou sa pierre d’autel, découverte en 1993, une balade, menée par la pouldourannaise Monique Palud, démarrait avec une trentaine de curieux, dans le bas du bourg.     Berceau du village, on peut encore y voir les vestiges des anciennes demeures des seigneurs de Pouldouran. Pendant très longtemps, ce fût un bourg très animé grâce à la présence de trois moulins et à l’activité du petit port où les bateaux déchargeaient le goémon et le maërl. Cet afflux de charrettes allant au moulin et à la grève fût propice au développement des commerces et bien entendu des bistrots. En 1891, on en dénombre 12 pour 340 habitants (soit 1 pour 28 personnes). Puis, en passant à Bergat, le groupe a eu une pensée pour ce saint qui séjourna dans son ermitage dans les années 600. Le groupe a poursuivi les chemins vers plusieurs lieux-dits : Parker an Ti Moch, Kerandossen, le moulin du Daniou, Ar Guernevez, Placen Kerléo, Ti Tavern, le Presbytère, Ti an Dossen, Keranguignen, Convenant Cousin, Mez Bertrand, Convenant Stephan. A part le moulin toutes ces maisons étaient des Convenants (sorte de contrat entre propriétaire terrien et exploitant agricole), Monique Palud en a résumé leur histoire. Ces demeures sont toutes signalées dans l’aveu fait par François de Pouldouran en 1540 et dans celui de Catherine sa petite fille en 1576. A suivi un pot de l’amitié à la Maison des Talus offert par le collectif.